LA PLANCHE A TRACER DE BREIZH, CHANTRE DES LOGES

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mardi 21 décembre 2010

PETIT CADEAU DE FIN D'ANNEE PAR LA LOGE LIBRE "GEORGE WASHINGTON" DE PERPIGNAN

Bonjour à tous et toutes , Profanes comme Maçons.
J'ai le plaisir de vous transmettre l'envoi par deux Frères de la Loge libre et Souveraine George Washington d’une mise en forme, entre l’équerre et le compas, d’un parchemin perdu et trouvé en très mauvais état au pied de la chapelle du Bon Pasteur de Perpignan :

***

DESTINATION ARGENTINE

Le vécu intime de l’espérance est une expérience différente pour chacun. On peut croire au Grand Architecte de l’Univers, être persuadé de partager une vision de l'Être Suprême, et avoir, aussi, des attentes très diverses. On peut également se retrouver sur des valeurs fondamentales. Seuls, finalement, comptent, en maçonnerie, le respect et l'aide que nous nous échangeons sur ces chemins pluriels.
Il était une fois un avion en partance pour l’Argentine. Parmi la foule joviale qui se bousculait pour monter dans l’avion, un homme observait les voyageurs. Ce dernier ne croyait plus en grand-chose, sauf en l'homme, peut-être, et encore pas tous les jours...

En regardant les voyageurs monter dans l'avion, notre homme se disait qu'il devait être bien doux et rassurant de croire en quelque chose. Assis dans le hall de l’aéroport, il se surprenait à envier les voyageurs en partance vers l’Argentine, tout en pensant que, décidément, ce qui réunissait tous les humains enthousiastes du voyage, c'était l’espérance, même si leurs raisons de croire étaient très différentes.

En réalité, tous ces gens aux motivations aussi variées étaient réunis là parce qu'ils partageaient néanmoins une chose essentielle, générique, rassembleuse et honorable : leur joie et leur espérance de réaliser un beau voyage.

N’en est-il pas de même en Maçonnerie, lors de la réception, du passage, de l’élévation, au cours des nombreux voyages dans le Temple ?

Ce qui nous unit n'est pas la croyance, sans doute, mais seulement la conviction que nous partageons des valeurs qui nous semblent essentielles. C'est aussi un don de soi, lorsque nous clamons tous en chœur et d'une belle voix unanime : « vivat, vivat, semper vivat ». Dans cet instant, qui peut vraiment affirmer que nous pensons librement, égalitairement, et fraternellement les mêmes choses ?

La liberté des uns n'est pas celle des autres. Certains pensent qu'elle se résume à faire ce que l'on veut ou obtenir tout ce que l'on désire. D'autres sont convaincus que la liberté consiste justement à se libérer du désir. Certains approuvent Montesquieu lorsqu'il affirme que : « la liberté est le droit de faire tout ce que les lois permettent. » D'autres encore, affirment que la liberté des uns s'arrête où commence celle des autres. Sans compter ceux qui pensent que la seule liberté que nous pouvons espérer, est celle de jouir, avec le moins d'entraves possibles, de déterminismes dont nous ne pouvons nous libérer et qui tracent inexorablement notre destin en nous laissant une aussi faible marge de manœuvre.

L'égalité des uns n'est pas celle des autres. Certains rêvent d'une société juste, sans classes, où personne n'assujettirait personne. Il y en a pour qui l'égalité consiste selon Jean Cocteau, à trancher tout ce qui dépasse : ils ne sont pas les moins nombreux. D'autres, encore, sont pour l'égalité, à condition qu'il soit possible d'être plus égal que les autres. Sans parler de ceux qui pensent que l'égalité ne pourra être accordée au plus grand nombre, que lorsqu'ils auront été un peu responsables, avec amour et respect de la dignité humaine.

La fraternité des uns, non plus, n'est pas celle des autres. Certains sont ainsi convaincus qu'elle ne s'adresse qu'aux frères et soeurs et encore, pas de toutes obédiences, pas de toutes les loges libres et souveraines, et pas tous les jours. D'autres sont persuadés que la fraternité ne peut être que cosmopolite et que la réduire à la seule Franc-Maçonnerie relève d'une pensée bien utopique.

Ainsi comme les voyageurs de l'avion, si nos buts sont communs et ont le mérite, essentiel, de nous réunir et même de nous unir dans la chaîne d'union, nos chemins sont inexorablement individuels. C'est peut-être bien à cela que nous devons réfléchir : sur la solitude du chemin initiatique.

Les Francs-Maçons ne professent aucune vérité révélée, ou s'ils y croient, ils la gardent pour eux et se gardent de tout prosélytisme. En général, la vérité, ils la cherchent. Parfois en tâtonnant dans le noir et en se cognant les doigts sous le maillet, mais ils la cherchent. Que cherchent-t-ils ?

En vérité, c'est bien la recherche d’une extraordinaire richesse, creuset d'opinions diverses, où la parole circule sur les colonnes, quelquefois judicieuse et sage, quelquefois émotive ou maladroite, toujours dans un esprit d'ouverture, de recherche et de compréhension de soi-même et du monde.

La Franc-Maçonnerie, tout au moins celle que nous estimons, est une des citadelles de la lutte contre toutes les idées inhumaines, négatives ou fausses. Et c'est bien la raison pour laquelle cet outil magnifique qui nous a été confié par les Anciens, où chacun, quelles que soient ses convictions intimes, peut s'exprimer librement et fraternellement dans le cadre du voyage initiatique.

Ce chemin, nous devons l'entretenir. Malgré la lassitude ou les déceptions profanes qui nous blessent parfois, il nous revient de rendre cette espérance plus vigoureuse, plus dynamique, plus vivante, pour que les esprits libres et fraternels continuent de vivre, de se développer et de rayonner.

C'est pour cette raison encore que nous tous, y compris ceux d'entre nous qui sommes des Maîtres dans une Loge Juste et Parfaite, c'est-à-dire reconnus comme tels, nous devons travailler avec détermination pour mériter le grade qui nous a été attribué et l'estime des Compagnons et des Apprentis. Et cela n'est jamais gagné. La vigilance s'impose, la cohérence aussi et la rigueur également bien qu'il ne faille pas la confondre avec le rigorisme qui n'en est qu'une tragique et vaine déviation.

En réalité, qu'est-ce qu'être Franc-Maçon ?

Être Franc-Maçon, c'est, indubitablement, l'être à tout instant, et précisément lorsque la porte du Temple s'est refermée sur nos talons et que nous rejoignons le monde profane.

Être Franc-Maçon, c'est évidemment se rappeler sans cesse que le grade qui nous a été attribué ne sanctionne que notre aptitude à en devenir digne, mais ne nous installe pas pour autant dans une sinécure.

Être Franc-Maçon, c'est aussi aider les autres à y parvenir, en les accompagnant fraternellement sur le chemin qu'ils ont choisi. Toutefois, ne nions pas leur spécificité parce qu'une part de nous-mêmes en a peur ou craint qu'elle ne nous submerge ou nous dépasse, mais au contraire en aidant les uns et les autres à développer et à épanouir la meilleure part d'eux-mêmes.

Cette part là, loin de nous diminuer ou de nous léser, ne peut que nous aider à notre tour, à nous développer, à nous épanouir, sereinement et sans crainte des comparaisons peu gratifiantes pour notre ego. Ce que nous sommes vraiment, là, est notre vérité et il nous faut apprendre à la découvrir et à l'accepter avec humilité, c'est le gage le plus sûr de la progression à laquelle nous aspirons.

Bien sûr, cela est difficile et demande beaucoup de travail. Nous sommes, avant tout, des êtres humains, c'est-à-dire imparfaits, et nous ne pouvons prétendre parvenir à la perfection. Rien ne sert de nous accabler si nous n'y parvenons pas ou mal. Cependant, nous devons y tendre, avec conviction, sérieux, patience et honnêteté.

Seul un travail de tous les instants peut nous permettre d'opter, sans faiblir, pour l'« être » plutôt que pour le « paraître », d'échapper au danger de croire qu'en dehors de la Franc-Maçonnerie il n'y a point de salut et surtout, que nos attributs maçonniques nous parent de toutes les vertus et de toutes les connaissances, car, comme l'observe la sagesse populaire dans son émouvante simplicité, « l'habit ne fait pas forcément le moine ».

Nous osons espérer que le voyage en avion vers l’Argentine, trouvera un écho en certains d'entre nous et nous rappellera les considérations qui nous sont propres. Faisons-nos signes, et nous nous sentirons moins seuls sur le chemin initiatique.

***

Merci à nos Frères de "Georges Washington" pour cette très belle planche.
Oserais-je espérer obtenir la réaction de nos Ami(e)s Profanes?
Car après tout, nous sommes tous sur le Chemin de l'Initiation...qu'il soit formalisé ou non.
Et c'est bien ce qui, à mon sens, réunit un Maçon Spéculatif, un Compagnon de Métier...et un soi-disant "Profane" qui marche avec toute sa Foi (religieuse ou laïque) sur le Chemin de Compostelle...
De bonnes fêtes de fin d'année à tous et toutes, dans l'Amour du Prochain et du "Grand Tout" (que certains nomment le GADLU...) BREIZH.

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