LA PLANCHE A TRACER DE BREIZH, CHANTRE DES LOGES

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lundi 12 avril 2010

LE MACON EGARE (UN CONTE A DORMIR DEBOUT) PAR UN FRERE DU PORTAIL

Bonjour aux Ami(e)s du Portail.
Une fois de plus j'ai le plaisir de vous retranscrire sur notre blog un article de notre Frère Pierre L..., ardent défenseur des Loges Libres et Souveraines :
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LE MACON EGARE
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Maçon il l’était depuis des années, il avait été initié à une époque charnière de l’histoire de la Maçonnerie, entre la fin de la troisième République, de la deuxième guerre mondiale, et sur le plan économique, au début des Trente Glorieuses.A cette période historique, la Maçonnerie avait encore de l’influence sur le monde profane, protégée qu’elle était par sa discrétion et par l’idée que le monde s’en faisait. Elle avait le rôle du Sage que l’on vient consulter à l’heure des décisions à importantes, les gouvernants faisant appel aux Frères pour résoudre tel ou tel conflit armé.
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Donc notre Frère baigné dans ce qui lui semblait acquis une fois pour toutes, se sentait à l’aise dans une maçonnerie ou l’on pouvait débattre de tout sans forcément connaître le sujet en cause, sachant que cela serait corrigé par d’autres plus expérimentés sur la chose. Des dizaines de fois il participa à la fameuse question sur la Paix dans le monde ; qui de toute bonne foi ne serait pas pour la Paix entre les Hommes ? Sauf qu’un jour en feuilletant une revue chez son médecin, il apprit que dans le monde il y avait peu ou prou, petits ou grands, plus de cent cinquante conflits armés. Ici commence le règne de la désillusion, tant années de réflexion, pour n’avoir aucun résultat, cela déséquilibre les certitudes les mieux ancrés dans la personne.
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Bien que Maître Maçon, il décida de se taire et de redevenir l’apprenti qu’il avait été à ses débuts, mais se taire, sans rien faire non plus, il venait en Loge par habitude, désabusé même, il s’ennuyait à écouter des débats stériles sur l’avenir du Monde, sur le travail, sur l’égalité, sur la liberté, simplement il savait que de toute manière, cela ne servait à rien, que le débat était digne du café du Commerce. Surtout il ne retrouvait plus sur les Colonnes ces Maçons issus de la Résistance, ces maçons qui avaient œuvré pour la contraception féminine et sur la peine de mort, des grandes gueules mais des esprits forts.
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Non il y avait une nouvelle génération de frères, pressée de devenir Vénérable, brûlant les étapes pour obtenir le trente troisième degré, nouvelle génération qui insufflait dans les rituels un message moderne, en supprimant tout ce qui pouvait paraître superflu, une nouvelle génération considérant la maçonnerie comme un tremplin politique, parlant bien sur tout, analysant presque tout avec aisance, mais comme disait sa défunte mère, il savait que les grands parleux étaient très souvent des petits faiseux. Il avait connu le temps ou un Grand Maître, avait organisé un Convent extraordinaire, pressentant les bouleversements à venir, pour réfléchir à la place de la Maçonnerie dans le monde en évolution. Ce convent resta sans suite, les successeurs n’assurant pas cet héritage.
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Il constatait que les dignitaires s’exprimaient comme les hommes politiques, avec un langage creux, effleurant les réalités sans vraiment en percer les causes et les effets. Le fameux plan de carrière en usage dans les multinationales, était dans le monde maçonnique devenu monnaie courante ; bref pour lui la maçonnerie était de plus en plus proche du monde profane, qui d’ailleurs n’avait que faire du monde maçonnique.
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Le comble fut atteint un soir lorsque la télévision diffusa la retransmission d’une initiation maçonnique, déjà il supportait mal l’ingérence des ateliers de perfectionnement dans les Loges bleues, où le vénérable était contredit par des hauts grades, il se dit que se taire n’était pas dans la logique maçonnique, et qu’il perdait son temps dans une maçonnerie qui avait oublié son origine, ses fondements et son histoire, et qui n’apportait plus rien à l’initié, que des querelles de clocher, il reprit son bâton et sa besace de compagnon, pour aller chercher dans la multitude maçonnique, la loge qui apaiserait sa soif de connaissance et d’élévation spirituelle et où le travail sur la pierre brute ne serait pas une douce rigolade « cherchez et vous trouverez ! Frappez et on vous ouvrira ! Et demandez, vous recevrez !
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Les recherches furent longues mais fructueuses, il trouva la loge qui l’accueillit avec simplicité et fraternité, pratiquant un rituel non-conforme aux rituels breveté Obédience, il se rendit compte que ce rituel lui apportait plus que des années passées dans sa loge mère, pour lui c’est ce qui comptait ; il ne venait plus en Loge par habitude, mais par plaisir et il découvrait que la Maçonnerie bien comprise pouvait élever le Maçon, vers des valeurs spirituelles , bien loin des sempiternelles « morceaux d’architecture en vigueur dans les autres loges ».
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Le maçon égaré se dit que le chemin avait été bien long avant d’arriver à trouver une loge vraiment initiatique ; mais c’était le prix à payer, pour devenir un Initié modeste mais réel.Cette remise en cause par un retour dans le Cabinet de Réflexion, lui permit de redécouvrir le monde maçonnique et de prendre conscience de sa richesse, qu’il y avait une spiritualité proprement maçonnique qui n’avait rien avoir avec ce qu’il avait connu précédemment, il compris qu’avant de vouloir faire la Paix dans le monde profane, il fallait d’abord commencer par faire la paix dans son monde intérieur et que personne ne pouvait le faire à sa place , que maintenant, il devait juger par lui-même et non par rapport, synthèse et autre document administratif et surtout que le décor ne faisait pas le maçon.
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C’était donc un nouveau départ dans la Maçonnerie, doublement riche, riche de son expérience précédente et riche par les nouvelles découvertes de sa Loge actuelle, son seul regret fut d’avoir attendu plusieurs décennies, mais il se consola en pensant que l’Initiation demande du temps et de la persévérance …Le maçon égaré avait retrouvé le centre de l’Union …PIERRE L…
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Merci Pierre pour ce nouveau morceau d'architecture qui résume une fois de plus le cheminement des Maçons qui ont souhaité, comme toi, comme nous, le retour à la tradition initiatique.
Amitiés fraternelles à tous et toutes, Profanes et Maçons. BREIZH.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

que de vérités ressenties dans ce conte et combien j'aimerai rencontrer ce frère. un frère en déserance

Breizh a dit…

Et pourquoi par mon TCF en deserrance.
Il suffirait peut-être que tu me contactes sur le mail du blog :
arvor@yahoo.fr
Au plaisir de te lire.
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